L’Année de Grâce

Un achat livre purement influencé par les Youtubeuses et Instagrameurs littéraires que je suis. Découverte totale de ce roman écrit par Kim Liggett et publié chez Casterman. Je n’en connaissais que le pitch, que j’avais trouvé saisissant. Restait à savoir si la qualité du livre suivrait…

Le résumé en question : Dans une société qui ressemble vaguement à la nôtre, les technologies en moins et pas mal de folklore en plus, le sexisme fait office de religion dominante. Les hommes pensent qu’à l’âge de seize ans, les jeunes filles développent une magie et ont le pouvoir tout à la fois de tourner la tête des hommes et de rendre les femmes malades de jalousie. En tant que danger indéniable pour le maintien de la société, ces jeunes filles de seize ans sont envoyées en Année de Grâce et quittent la communauté pendant un an, le temps de se débarrasser de leur vice. Loin de chez elles, vers on ne sait trop quoi d’ailleurs, car il est formellement interdit d’évoquer l’Année de Grâce ensuite. Les femmes rentrent bouleversées, parfois blessées ou amputées, parfois pas du tout… Nous suivons Tierney, une jeune fille indocile et sûre d’elle qui s’apprête à quitter sa famille pour subir ce fameux voyage en Année de Grâce. 

Ne sachant pas trop à quoi m’attendre, j’ai d’abord été un peu déstabilisée par la qualité de l’écriture, puisqu’il s’agit en fait d’un roman jeunesse (ou jeune adulte, je ne suis pas très familière). Etant donné la rudesse du sujet, j’ai été un peu désagréablement surprise au début. Dans la toute première partie, avant le départ des jeunes filles, les ficelles sont parfois énormes et on voit arriver un gros rebondissement à des kilomètres. J’ai alors eu peur que l’histoire soit un peu facile et bâclée, puis je suis rentrée dans le livre et j’ai finalement changé d’avis. 

Certes, l’écriture reste assez simple et le déroulé de l’histoire est parfois un peu attendu, mais j’ai au final beaucoup aimé ce livre, principalement grâce (ah ah ah) à son sujet que je trouve extrêmement intéressant et novateur. On est embarqué dans un monde à part qui nous fait totalement déconnecter du quotidien… même si l’histoire résonne évidemment de bout en bout avec notre société. On sent derrière ce livre une référence à La Servante écarlate de Margaret Atwood, et Kim Liggett ouvre d’ailleurs L’Année de Grâce par une citation tirée du roman. Une version (dans un tout autre genre bien sûr) plus jeune, et je trouve finalement que c’est une excellente chose. Même si ce n’est pas du tout ce que j’ai l’habitude de lire, ça ne m’a pas empêché d’être emportée par l’histoire, et je trouve surtout génial qu’un livre tel que celui-ci puisse exister pour les jeunes. Une histoire féministe et radicale, mais accessible et sympathique tout de même. Un livre pour accompagner l’âge où l’on développe son monde l’intérieur, où on veut rêver, mais l’âge aussi où le corps évolue vers celui de femme et où les regards et les mots déplacés commencent à pleuvoir… Une histoire originale qui éveille la conscience et apporte un peu de soutien. Une ambiance de sisterhood dans l’histoire comme à l’origine du livre d’ailleurs. Ça serre et ça réchauffe le coeur à la fois.


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