La Servante écarlate

Mais pourquoi ai-je attendu si longtemps avant de lire La Servante écarlate ? Je le savais, que j’allais forcément aimer. J’adore le style de Margaret Atwood, j’aime beaucoup les dystopies, l’histoire de ce livre est très intéressante et en plus de ça j’avais bien aimé la saison 1 de la série tirée du livre. Peur de la possibilité catastrophique de ne finalement pas adhérer à ce roman cultissime ? Quoi qu’il en soit, évidemment, j’ai aimé ! On ne présente plus cette histoire incroyable et des résumés ou des analyses intéressantes doivent pouvoir se trouver facilement, mais pour les deux ou trois retardataires qui n’auraient jamais entendu parler de La Servante écarlate (vraiment ?), voici le pitch : 

Dans une Amérique future, la natalité a drastiquement chuté. L’infertilité bat des records, principalement à cause de l’homme lui-même qui au nom du progrès et du rendement se sabote doucement la santé. Pour résoudre le problème et sous couvert d’une menace étrangère bien sûr, un groupe renverse violemment le gouvernement et crée la République de Gilead. Cette république certainement pas démocratique met en place un nouveau système de société dont le but est de régimenter les naissances, tout en favorisant les élites. Les femmes fertiles se retrouvent dépossédées de tout et jusqu’à leur prénom pour être affectées à des familles importantes, avec pour objectif de leur donner un enfant. Devinez qui doit en être le père… Ça n’est pas une situation dans laquelle on aspire à se trouver, et ce n’est pas la pire. Dans le livre, nous suivons l’une de ces servantes, Defred. La visite d’un nouveau monde avec ses règles et ses usages stricts (et révoltants). 

Le plus fascinant dans cette histoire, c’est que Margaret Atwood explique n’avoir rien inventé. La République de Gilead n’existe bien évidemment pas (… encore ? Mieux qu’un film d’horreur pour se faire peur), mais tous les phénomènes mis en place dans cette société fictive trouvent leur source dans des actions réelles de l’homme. Cette pensée fait froid dans le dos. Il suffit de compiler les horreurs commises ça et là dans le monde à différentes époques pour inventer un cauchemar que l’homme a déjà prouvé être capable de créer. Une fiction aux racines terriblement réelles.

Au-delà de l’histoire de Defred et de cette société dont on ne sait si elle est délirante ou au contraire beaucoup trop réaliste, ce livre aborde de nombreux sujets et cela fait réfléchir. Celui du corps des femmes notamment. Quand la reproduction devient un enjeu public, à l’extrême opposé de la politique de l’enfant unique. A une époque où toutes les femmes ne peuvent faire le choix d’avorter si elles le souhaitent, voire même parfois risquent de perdre ce droit, ce livre pourtant publié en 1985 est toujours plus que d’actualité. Qui peut disposer du corps des femmes et qui a autorité sur lui… (spoiler alert : pas toujours elles). L’homme a inventé le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, mais le droit des femmes à disposer d’elles-mêmes n’est pas encore tout à fait en place. Attendons de voir ce qui se produira quand les problèmes de fertilité que nous connaissons déjà actuellement s’amplifieront… La question du nom et le fait d’être rattachée à un homme par celui-ci est aussi soulignée dans le livre. Les enjeux autour de la religion et des religions également. Margaret Atwood estime qu’il ne s’agit pas là d’un roman féministe, et même si bien sûr on peut le lire avec un regard général, je pense qu’il l’est tout de même. 

En conclusion, lisez ce livre !!! De mon côté, il faut maintenant absolument que je commence la suite de cette histoire (Les Testaments, 2019) et j’ai aussi envie de revoir la série. Après ma lecture du livre, il me semble qu’il a été très bien adapté à l’écran (avec Elisabeth Moss dans le rôle de Defred) et je me demande bien ce qui peut se passer pour qu’aient été tournées quatre saisons. 


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