RP – Le Dieu des Petits Riens

Avant cette nouvelle version de Bavardages, il y avait déjà de nombreux articles que j’aimais beaucoup sur l‘ancien blog. Voici quelques republications pour vous faire découvrir ou redécouvrir quatre livres que j’avais énormément aimés. A lire (impérativement) ou relire (pour le plaisir). Deuxième article, à l’origine publié le 11 mai 2017, pour vous présenter Le Dieu des Petits Riens, un roman d’Arundhati Roy considéré comme semi-autobiographique. Publié en 1997, il reçoit le prix Booker, toujours cette même année.

Au bout de quelques dizaines de pages à peine, je savais que ce serait un de mes livres préférés. Au début pourtant, je n’avais pas très envie de le lire. En réalité, l’histoire n’a rien à voir avec ce à quoi on pourrait s’attendre. Il ne faut pas trop se poser de questions ni se fier à ce qu’on pense être le thème ou l’idée générale du livre. C’est vraiment un chef-d’œuvre, une histoire à la fois jolie et terrible, racontée avec beaucoup de douceur.

Le Dieu des Petits Riens raconte l’histoire de plusieurs drames. En apparence surtout trois grandes catastrophes, mais en réalité bien plus que ça. Arundhati Roy dépeint sans discrimination les gros drames et les petits drames du quotidien à travers les yeux et les mots d’une paire d’enfants, deux jeunes jumeaux. Un garçon et une fille qui vivent avec leur famille décomposée dans une petite ville d’Inde, ont des préoccupations et des désirs d’enfants, mais se retrouvent confrontés à des histoires d’adultes, des histoires qui finissent parfois mal. C’est extrêmement bien écrit. Une même phrase nous déroule à la fois l’histoire comme elle est vécue par un enfant et ce qu’un adulte y voit. On comprend qu’ils ne comprennent pas tout, tout en sachant parfaitement ce qui se passe. Le récit fait des bonds dans le temps, entre présent et passé, entre contexte, dérapage et conséquences, sans jamais nous perdre ou nous lasser. Difficile de donner une idée du style d’écriture, il faut le lire pour comprendre et voir combien c’est excellent.

C’est très beau et émouvant, et plus encore quand on découvre qu’une grande partie du livre est autobiographique. On ne sait pas jusqu’où. C’est la seule « fiction » écrite par Arundhati Roy, après ce roman, elle n’a plus publié que des essais ou des articles. Le Dieu des Petits Riens n’est d’ailleurs pas qu’un joli roman et permet à l’auteure de décrire la situation de l’Inde et de dénoncer, l’air de rien, le système des castes, en faisant d’un intouchable un personnage prépondérant, si ce n’est le véritable personnage principal de l’histoire. En conclusion, il faut vraiment lire ce récit. Ce n’est pas une belle histoire, mais c’est un livre magnifique.

*Il suffisait que j’explique qu’il s’agissait du seul récit de fiction de l’auteure pour qu’elle publie un autre roman moins d’un mois après l’article. J’ai une petite excuse puisque le livre n’a été édité en français qu’en 2018, disons cela… Il s’agit du Ministère du Bonheur Suprême, paru chez Gallimard, et il s’agit à en croire le résumé d’une histoire d’amour et d’espoir pas si facile que ça. Je ne l’ai pas encore lu mais il attend sagement dans ma Pile à Lire.


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