Le Fantôme de l’Opéra

Le monstre du Loch Ness, le yéti, le croquemitaine de votre enfance… Il est des créatures qui font couler l’encre et danser les imaginations, et le Fantôme de l’Opéra a ses entrées dans ce mystérieux club. Ce fantôme-là en revanche pourrait finalement avoir un peu plus d’épaisseur que tous les autres (on l’espère au moins pour le croquemitaine).

L’affaire date du XIXe siècle. A cette époque, de nombreux accidents improbables se produisent et se reproduisent au Palais Garnier. Le plus célèbre restant probablement ce fameux lustre, dont le contre-poids s’effondra en pleine représentation (de Faust, comme par hasard) et tua une spectatrice, le 20 mai 1896. Terrible et terriblement romanesque. Fantaisies d’un monde ne vivant que de spectacle et de magie, que de s’inventer un fantôme pour expliquer les drames répétés ? Peut-être pas tant que ça.

On raconte qu’en 1873, un incendie ravagea une salle de l’Opéra rue Pelletier et qu’un jeune musicien, Ernest, dont la fiancée mourut d’ailleurs dans l’incendie, fut lui gravement défiguré par le feu. Méconnaissable et effrayant, on le croyait surtout mort. Il se serait alors réfugié dans les dessous de l’Opéra Garnier, près du lac, pour y établir sa nouvelle demeure. Car cette histoire m’a fait découvrir qu’il y a bel et bien un lac sous le Palais Garnier, certes artificiel, car créé pour que le bâtiment ne s’effondre pas et indispensable à la survie de l’édifice, mais bien réel. Les pompiers de Paris l’utilisent apparemment  régulièrement pour faire s’exercer les plongeurs. Le jeune homme hanterait alors les dessous du Palais, poursuivant une oeuvre commencée quand il appartenait encore au monde des vivants. Désormais à demi mort, il serait l’auteur de ces drames sans réponse…

Difficile de démêler le vrai de l’exagéré (voire du carrément faux), mais l’histoire inspira Gaston Leroux pour écrire un nouveau mystère, teinté de réalité cette fois. Il en tire le fameux roman Le Fantôme de l’Opéra, publié en 1910. A lire ! On suit l’enquête de l’auteur sur les événements étranges qui secouèrent l’Opéra à cette époque. Il nous fait visiter le bâtiment de fond en comble (surtout en fond) et rencontrer sur le chemin des personnalités fantastiques. C’est d’ailleurs à l’origine la visite du Palais Garnier qui m’a donné envie de lire ce livre, en passant devant la fameuse loge n°5, toujours attitrée au Fantôme de l’Opéra et dans laquelle il est défendu d’entrer (peut-être pour le mieux d’ailleurs, juste au cas où). Je recommande aussi vivement cette visite du Palais Garnier, c’est une véritable oeuvre d’art architecturale. Peut-être d’ailleurs vaut-il mieux la faire avant de lire le roman, afin de situer l’action dans son décor. D’autant que le livre donne envie d’aller fureter un peu partout et surtout dans les dédales du sous-sol, ce qui, très clairement, ne fait pas partie de la visite officielle… Vous seriez frustrés de vous en tenir aux dorures (néanmoins magnifiques) et de ne pas pouvoir partir à la chasse au fantôme. 

L’actuel lustre – Plafond peint par Marc Chagall

Le fantôme, je le laisse où il est, que ce soit dans ce roman ou dans la fameuse loge (ou juste derrière vous tout au long de la visite). Ernest, Erik… je préfère ne pas connaître son nom et garder ce joli parfum de mystère. Et maintenant surtout, j’attends d’avoir l’occasion de dénicher un passe-partout et un guide pour aller moi aussi courir dans tous les recoins de l’Opéra !

Retrouvez ici le lien pour réserver une visite de l’Opéra (Garnier ou Bastille).


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