Profession : pilote

A bien y prêter attention, il semblerait que le cinéma américain essaye de nous faire passer quelques messages, des avertissements sur ce qu’il faut ou ne faut pas faire selon le degré d’ennuis qu’on a envie de s’attirer. Par exemple, si vous êtes un groupe d’amis dans une grande maison, il est recommandé de ne pas se séparer en cas de coupure de courant ou de bruit suspect, ou l’un d’entre mourra très probablement (vigilance à accroître plus encore si une petite musique angoissante se déclenche). Méfiez-vous des voisins s’ils sont beaux et un peu trop gentils, surtout s’ils emménagent et restent vagues sur leur passé. Si vous venez de vivre une séparation difficile, sortez faire la fête ou allez simplement marcher dans la rue dans un endroit très beau, vous devriez bientôt tomber sur votre âme soeur. Mais attention là encore, si vous tombez sur un homme extrêmement beau et gentil, il s’agit soit du prince charmant et vous avez de la chance, soit un tueur en série, et là c’est moins bien. On ne sait pas encore à ce jour s’il est plus probable de tomber sur un homme à la fois beau et correct ou sur un tordu, les statistiques ne sont pas très claires à ce sujet… En tout cas, si vous hésitez encore sur votre vocation, il en est une à éviter à tout prix : pilote de ligne. Que ce soit le film Sully (réalisé par Clint Eastwood) ou Barry Seal (réalisé par Doug Liman), le message est limpide : devenez pilote et tout ira très mal.

On commence par la galère la plus soft avec le film Sully (soft comparé à toutes les catastrophes qui pourraient arriver à bord d’un avion, pas à l’échelle de votre quotidien). Le 15 janvier 2009, Chesley Sullenberger (incarné par Tom Hanks), excellent pilote bientôt retraité, prend les commandes d’un énorme Airbus A320. C’est un vol de routine entre New York et la Caroline du Nord, il a fait ça toute sa vie, il pourrait le faire en dormant. Aucun problème technique à signaler, l’appareil décolle sans encombre avec tous ses passagers. C’est à ce moment-là que les problèmes commencent. Quelques minutes à peine après le décollage, l’avion entre en collision avec une nuée d’oiseaux, ce qui a pour conséquence d’endommager les deux moteurs qui cessent de fonctionner. L’appareil est encore au dessus de New York et n’a plus de moteur, et ça vraiment c’est de l’ordre de la très très grosse galère. C’est normalement une galère mortelle et définitive, mais finalement, ce qui aurait dû se terminer en crash d’un A320 sur la Trump Tower se transforme grâce à une vie entière d’expérience en un amerrissage réussi sur l’Hudson. Pas une seule victime à dénombrer, c’est un miracle et Sully le héros d’un sauvetage impossible. Belle histoire oui, mais c’est alors que commence la deuxième galère, car souvenez-vous, si vous êtes pilote vous aurez des tas de problèmes. Après le soulagement d’avoir récupéré tout le monde sain et sauf, vient le temps de l’enquête pour savoir ce qui s’est réellement passé… et surtout savoir si le pilote a pris la bonne décision et n’aurait pas pu faire autrement (car oui, même s’il a sauvé tout le monde, que la Trump Tower est debout et qu’il n’avait que quelques secondes pour réagir, c’est peut-être quand même de sa faute). Je m’arrête là et vous laisse découvrir la suite avec le film, mais Sully ne passe pas vraiment les meilleurs moments de sa vie. De presque retraité, à héros, à présumé coupable.

Passons maintenant à au tout autre type de galère avec le film Barry Seal : American Traffic. Barry Seal (interprété par Tom Cruise) est lui un pilote plutôt jeune, et même s’il y a des propositions difficiles à refuser, on peut quand même dire qu’il est allé chercher ses galères tout seul ou presque. Adler Berriman Seal est d’abord un simple pilote de ligne qui se livre à de petits trafics, mais rien de bien méchant. Arrive alors la première galère tonitruante : la CIA le recrute. Les Etats-Unis cherchent à lutter contre le communisme qui se répand en Amérique centrale et la CIA l’envoie survoler certaines zones d’intérêt pour les prendre en photo. Bien évidemment, c’est l’escalade. Faisant des aller-retours réguliers en Amérique centrale, Barry Seal joue aussi de l’autre côté et se met à transporter de la drogue et des armes pour des cartels, et notamment celui de Pablo Escobar. Petit à petit, il développe son activité et tout prend des proportions délirantes. CIA et cartels de drogues, de bonnes idées à mélanger. Beaucoup (beaucoup, beaucoup, BEAUCOUP) d’argent, et surtout d’énormes galères en perspective, mais avec une recette pareille il aurait fallu être à moitié demeuré pour s’étonner que ça commence à déraper. A l’inverse de Sully, pas de problèmes techniques pour Barry Seal, mais peut-être eut-il mieux valu…

En somme, une histoire de pilote commence tranquillement, puis tourne mal et évolue vers pire encore. Reste à savoir si ça finit bien, mais ça fait au moins quelques cheveux blancs au passage. Inquiétant certes, mais le plus flippant reste finalement qu’il s’agisse de deux histoires vraies. Chesley Sullenberger et Adler Berriman Seal ont réellement existé, chacun avec son style, et les deux films retracent des histoires qu’ils ont bel et bien vécues. Un vrai cauchemar ! Les films romancent peut-être un peu certains éléments, mais la trame suffit à donner des sueurs froides. Leçon à retenir : évitez de devenir pilote, et si vous persistez alors préparez-vous au pire et vous finirez peut-être un jour par inspirer un nouveau film.


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